La société s'attaque au marché européen. Sa mission : optimiser la performance d'accès aux applications hébergées sur les clouds d'Amazon, de Google, de Microsoft.

Quel internaute n'a pas été confronté au moins une fois à une page d'erreur ? Imaginez maintenant le directeur général d'une multinationale qui se retrouve dans la même situation en cherchant à ouvrir son logiciel financier à l'heure de la clôture trimestrielle. L'écran est vide. Ironie du sort, le programme fonctionne parfaitement. Il est installé sur une infrastructure informatique résiliente et performante, opérée par l'un des plus grands clouds de la planète. Le problème provient en réalité de la connexion vers cette infrastructure. C'est là qu'InterCloud entre en jeu. Fondée en 2010, cette société parisienne, qui se présente d'emblée comme un opérateur télécom, a bâti un réseau mondial visant à garantir l'accès aux applications d'entreprise, quel que soit le cloud sur lequel elles s'adossent : Amazon Web Services, Google Cloud Platform, IBM Cloud, Microsoft Azure…

InterCloud a levé près de 38 millions d'euros depuis sa création en 2010. Annoncé mi-décembre, son dernier tour de table, de 22 millions d'euros, a été mené (et ce n'est pas un hasard) par Orange Digital Ventures, le pôle d'investissement de l'opérateur télécom du même nom. Basé sur une tarification à l'abonnement en ligne avec le modèle du cloud, InterCloud revendique à l'issue de 2019 un chiffre d'affaires annuel de 10 à 20 millions d'euros tirés des souscriptions à son service réseau, en hausse de 60% sur deux ans.

 

Historiquement, InterCloud cible les grands groupes français qui, du fait de leur taille, choisissent quasi systématiquement plusieurs clouds où déployer leurs applications. Leur objectif : répartir les risques en termes d'approvisionnement informatique et bénéficier des innovations propres à chaque acteur sollicité. La stratégie d'InterCloud porte ses fruits. L'entreprise compte à ce jour 15 clients du Cac 40 en portefeuille, dont Airbus, Schneider Electric, Société Générale ou Sodexo.

 

Du fait de clients internationaux, l'infrastructure réseau d'InterCloud s'est d'emblée étendue au monde entier. La société s'adosse à des câbles qu'elle loue à des fournisseurs spécialisés comme Centurylink ou Zayo. L'enjeu ? Mettre en œuvre, en fonction de la criticité d'une application jusqu'à huit chemins réseau physiques différents, du client au cloud concerné. Le moment voulu, le flux transite par le moins embouteillé et donc le plus rapide d'entre eux.

 

Suite à son dernier tour de financement, InterCloud entend renforcer ses positions en Europe. Aux côté de Paris, la société est présente à Francfort, Londres et Madrid. Comptant 100 salariés, elle prévoit de recruter 30 personnes cette année. "A chaque levée de fonds, l'ambition est d'atteindre la profitabilité en 18 à 24 mois", précise Jérôme Dilouya, fondateur et CEO d'InterCloud. "En réalité, cet objectif n'est jamais atteint car une nouvelle opportunité de croissance se présente toujours dans l'intervalle, nous amenant à solliciter à nouveau les investisseurs." Qu'en sera-t-il cette fois ? "Des opportunités pourraient rapidement se présenter dans les pays du nord de l'Europe ou en Asie. En revanche, ce ne sera pas les Etats-Unis où les télécoms sont très régulés", estime Jérôme Dilouya.

 

Découvrez pourquoi des dizaines de leaders mondiaux tels qu'Airbus, Schneider Electric et Sodexo font confiance à InterCloud pour leur fournir des solutions adaptées à leur politique de sécurité et à leurs besoins de conformité:

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